Des dizaines de millions d’hectares de forêts tropicales en Afrique pourraient bénéficier d’une gestion des communautés locales

About-RFUK-forestUne nouvelle législation, qui pourrait permettre à des millions de personnes qui dépendent de la forêt de protéger et gérer leurs ressources naturelles, et qui potentiellement aiderait ces populations à sortir de la pauvreté, a été adoptée par le gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC).

Jusqu’à présent, les communautés forestières en RDC n’avaient pas le droit de revendiquer des terres forestières qu’elles occupent et dont elles dépendent depuis des générations. Ce nouvel arrêté législatif, adopté le 9 février, pourrait permettre à des milliers de communautés de demander à utiliser une étendue de terre pouvant aller jusqu’à 50 000 hectares comme forêt communautaire.

Simon Counsell, Directeur exécutif de la Rainforest Foundation UK (RFUK), a souligné que « la gestion communautaire peut être un moyen viable et durable pour la gestion et la protection des forêts. C’est en ce sens que le nouvel arrêté est une évolution très positive pour la RDC. Cependant, cela comporte aussi des risques. Une mise en œuvre progressive des forêts communautaires permettrait d’une part à cette loi expérimentale d’être testée, d’autre part aux services requis de l’administration gouvernementale de se mettre en place ».

Joseph Bobia, Coordonnateur national du Réseau Ressources Naturelles (RRN), partenaire national de RFUK en RDC, a déclaré: « Cela marque un moment important dans l’histoire pour les populations forestières en RDC qui ont lutté pendant de nombreuses années pour réaliser leurs droits d’utilisation des terres dont leur vie dépend. Nous devons désormais travailler ensemble pour veiller à ce que les forêts communautaires servent effectivement les peuples de la forêt et ouvrent la voie à une approche plus participative, décentralisée et intégrée de l’aménagement du territoire ».

La majeure partie de la forêt tropicale congolaise, qui n’est pas encore occupée par les compagnies forestières ou par des aires strictement protégées – comptant probablement plus de 70 millions d’hectares, soit plus de trois fois la taille du Royaume-Uni – pourrait certainement faire l’objet de demandes pour l’établissement de forêts communautaires.