RFUK et ses partenaires appellent à « une conservation durable, par les communautés et pour les communautés »

Malgré les centaines de millions de dollars en aide internationale investis, les aires protégées des forêts tropicales du bassin du Congo ne parviennent pas à protéger efficacement la biodiversité, et ont des impacts négatifs sérieux sur les communautés locales et populations autochtones. Telles sont les révélations du rapport de la Rainforest Foundation UK « Aires protégées dans le bassin du Congo : un échec pour les peuples et la biodiversité ? », publié en français le 25 août 2016.

Les communautés locales et autochtones du bassin du Congo perçoivent presque invariablement les aires protégées et la lourde répression menée par les écogardes comme une menace à leurs droits et moyens de subsistance.

Partner Conservation Meeting

L’étude, qui se base sur 34 aires protégées (au Cameroun, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo (RDC), en République du Congo et au Gabon), montre que celles-ci continuent souvent d’être établies sans le consentement des populations locales, ne les intègrent pas suffisamment dans les décisions de gestion qui les concernent, entrainent des déplacements, conflits et violations des droits de l’homme, et viennent sévèrement compromettre les moyens de subsistance de populations qui figurent parmi les plus pauvres de la planète.

Les initiatives de conservation s’aliènent ainsi les populations locales plutôt que de tirer parti de leur expertise ancestrale en matière de protection de la biodiversité. Il est indispensable d’avancer vers un modèle de conservation plus durable, en travaillant avec les populations plutôt que contre elles.

Oui à la conservation, non aux abus

Une quinzaine de représentants de la société civile des cinq pays concernés par l’étude réunis les 28 et 29 juillet à Yaoundé ont réitéré leur soutien à la conservation des forêts, mais ont mis en garde contre les sévères abus parfois commis en son nom. Ils ont appelé à « une conservation durable, par les communautés et pour les communautés ».

« Les communautés n’ont jamais été contre la conservation car elles sont les premières victimes des effets de la perte de la biodiversité, mais elles se méfient du modèle qu’on leur impose et qui les rend d’autant plus vulnérables. Pour gagner leur confiance, il est essentiel que les agences de conservation collaborent pleinement et sincèrement avec ces communautés et s’assurent que les aires protégées contribuent au développement local », explique Blaise Mudodosi, Responsable du plaidoyer au Réseau Ressources Naturelles (RRN), partenaire de la RFUK en RDC.
Un film sur les communautés forestières affectées par la Réserve Tumba Lediima en RDC est disponible ici.