Un nouveau site internet expose les abus liés aux aires protégées

C-WLa conservation de la biodiversité est d’une importance cruciale. Mais elle cache également une situation peu reluisante. Du Bassin du Congo au Kenya, de l’Inde au Pérou, de la Mongolie à l’Ouganda, la désignation d’habitats naturels comme «zones protégées» a causé l’expropriation, l’appauvrissement et la persécution de peuples autochtones et de communautés locales qui y ont vécu pendant des siècles.

C’est pour dénoncer ces abus que Chris Lang, chercheur et bloggeur environnemental, a lancé Conservation Watch le 5 Septembre 2016, alors que les acteurs mondiaux de la conservation se réunissaient au Congrès mondial de l’UICN à Hawaii pour fixer le cap de la conservation et du développement durable.

Le site  — qui mélange articles écrits par M. Lang, contributions spéciales et interviews d’une variété de personnes travaillant dans la conservation — vise à faciliter la discussion sur les impacts réels de les politiques et pratiques des aires protégées dans les pays du Sud et demander des comptes aux responsables des violations de droits de l’homme et de l’accaparement des terres qui ont lieu au nom de la conservation.

«Le modèle actuel de conservation est trop souvent injuste et déficient,» a déclaré M. Lang dans un communiqué. «Avec Conservation Watch nous voulons faire la lumière sur la façon dont les peuples et les communautés autochtones continuent de payer le prix fort de la conservation

Les articles sur Conservation Watch mettront en évidence les expulsions et les violations de droits de l’homme et documenteront l’impact des parcs nationaux sur les moyens de subsistance des populations. Le site fera aussi un tour d’horizon hebdomadaire des nouvelles sur les parcs nationaux, les aires protégées et la conservation dans les pays du Sud.

Comme indiqué dans un récent rapport de Victoria Tauli-Corpuz, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, malgré les promesses faites par les acteurs de la conservation depuis le Plan d’Action de Durban 2003, les violations de droits de l’homme contre les populations autochtones et les communautés locales vivant dans et autour des aires protégées continuent.

«La violence existe toujours, comme le montrent les cas récents d’incendies de maisons de peuples autochtones, les arrestations, les coups, la destruction, ainsi que les meurtres de personnes autochtones qui essaient de protéger leurs droits à  leurs terres et territoires qui comprennent des zones protégées», explique-t-elle.

Mais il n’y a pas que des mauvaises nouvelles. Conservation Watch présentera également des exemples positifs de conservation communautaire dans le but d’encourager une approche plus durable de la protection de la nature.

Les articles de Conservation Watch seront principalement publiés en anglais, mais les sujets relatifs aux pays francophones seront, dans la mesure du possible, traduits vers le français.

Vous pouvez en savoir plus sur Conservation Watch ici. Pour contribuer au site web, vous pouvez contacter Chris Lang à conserwatch@gmail.com

 

Conservation Watch est soutenu par RFUK.