Un atelier international sur le suivi communautaire des forêts en temps réel a lieu au Cameroun

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Depuis le lancement de notre projet de suivi communautaire en temps réel (RTM) en 2015, la Rainforest Foundation UK (RFUK) a contribué à former des dizaines d’observateurs communautaires dans les régions forestières du Cameroun, du Ghana et de la République Démocratique du Congo (RDC). Ces observateurs envoient actuellement de plus en plus d’alertes en temps réel et nos partenaires locaux explorent les meilleures façons de développer le projet. Récemment, 20 participants de ces trois pays se sont réunis pour la première fois pour partager leurs expériences et discuter des stratégies pour capitaliser sur les accomplissements récents.

Les exemples de réussite ont été au cœur de cette réunion, permettant aux partenaires locaux de témoigner des aspects du projet qui donnent les meilleurs résultats pour les communautés locales participantes dans chaque pays.

Congolese partners GASHE engage in a joint forest inspection | Credit: GASHE

GASHE s’engage dans une mission conjointe de vérification | Crédit: GASHE

Pour le partenaire congolais Groupe d’Action pour Sauver l’Homme et son Environnement (GASHE), l’initiation de missions conjointes de vérification des illégalités avec le gouvernement est l’une de leurs plus grandes réalisations, contribuant à renforcer le contrôle forestier et améliorer la transparence dans le secteur. « Les exploitants illégaux ne peuvent plus agir en toute impunité, même dans les zones les plus reculées. Le contrôle forestier a maintenant lieu et se renforcera de plus en plus, » a expliqué Joseph Bolongo, Coordonnateur RTM RDC à GASHE.

Pour les partenaires ghanéens, Friends of the Earth Ghana (FoE-Gh), l’un des aspects les plus prometteurs du projet est que les communautés sont beaucoup plus conscientes de leurs droits et à même de faire des réclamations auprès des entreprises forestières opérant dans leur environnement. Ces communautés sont maintenant beaucoup mieux équipées pour négocier des cahiers des charges plus équitables avec les entreprises afin de mieux protéger leurs terres et leurs moyens de subsistance.

« Les observateurs locaux ne sont pas seulement les yeux et les oreilles des forêts, envoyant des alertes, mais aussi les bénéficiaires ultimes – utilisant les données qu’ils recueillent pour défendre leurs droits et pour assurer que leur voix soit entendue, » a déclaré Élodie Barralon, Coordonnatrice du projet RTM à RFUK.

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Peter Foster, Coordonateur GIS chez RFUK, discute le système ForestLink avec partenaires | Crédit: Élodie Barralon

Les partenaires du projet ont également évoqué les défis rencontrés et discuté de la meilleure façon de les surmonter – notamment en matière de contraintes matérielles comme l’autonomie des batteries des smartphones ou l’efficacité des chargeurs solaires sous le couvert forestier.

D’autres participants, comme notre partenaire camerounais Forêts et Développement Rural (FODER), ont abordé les défis liés au suivi d’un nombre croissant d’alertes transmises. En effet, l’un des plus grands succès du projet RTM conduit directement à l’un de ses plus grands défis: avec de plus en plus d’alertes sur les illégalités reçues grâce aux observateurs formés, il s’agit d’identifier et mobiliser les ressources pour vérifier et donner suite à ces alertes, ce qui peut s’avérer difficile.

« Nous avons pu trouver des solutions dans les expériences des autres partenaires. Notamment en ce qui concerne la manière dont les informations sont vérifiées sur le terrain, » a déclaré Christiane Zebaze Hellow, Coordonnatrice du projet RTM Cameroun chez FODER. « Maintenant, pour la suite du projet RTM, nous envisageons d’étendre la mise en œuvre à d’autres communautés et sélectionner plus d’observateurs sur le terrain. »

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Christiane, Coordonnatrice du project RTM chez FODER, partage des exemples de réussite | Crédit: Élodie Barralon

Alors que le projet RTM va prendre de plus en plus d’ampleur au cours des mois et des années à venir, les leçons tirées et les bonnes pratiques partagées entre les partenaires seront utiles pour adapter et étendre le projet. Celles-ci permettront également de mieux s’adapter aux contextes spécifiques de déploiement et mise en œuvre en Afrique ; cela se fera en partie grâce à une «communauté de bonnes pratiques» sur le suivi communautaire des forêts.

« C’est un moment palpitant pour ForestLink, » a déclaré Élodie Barralon. « Comme nous l’avons appris de nos partenaires, les résultats jusqu’à présent sont très encourageants et les possibles applications de la technologie très nombreuses. Nous sommes convaincus que ce système changera la donne pour les communautés forestières du monde entier. »

**Pour en savoir plus sur le projet RTM, visualisez notre nouvelle vidéo sur Youtube (disponible en version sous-titrée français/anglais et espagnol).