RFUK lance un nouveau site interactif sur l’impact des aires protégées sur les peuples

rainforest parks and people

Londres, 2 mai 2017 — La Rainforest Foundation UK (RFUK) vient de lancer Rainforest Parks and People – un site interactif visant à améliorer la transparence et redevabilité des projets de conservation dans les forêts du bassin du Congo, et montrer comment ces projets ont affecté les populations locales.

En se basant sur des informations disponibles au public ainsi que des enquêtes de terrain de RFUK, Rainforest Parks and People passe au crible 34 aires protégées des forêts tropicales du Gabon, du Cameroun, de la République Démocratique du Congo, de la République du Congo et de la République Centrafricaine.

Le site montre que les plupart des aires protégées ont entrainé des déplacements de populations et révèle d’inquiétantes violations de droits humains aux mains des « éco-gardes » — accusés d’extorsion, d’abus physiques, d’exécutions extra-judiciaires et même de viol.

Rainforest Parks and People examine aussi si les communautés ont été consultées avant la création des aires protégées sur leurs terres, si on leur a donné une voix dans leur gestion, et si elles en ont bénéficié économiquement. Dans seulement deux des cas étudiés les communautés ont-elles été consultées de manière significative avant création de l’aire protégée, et dans aucun des cas le consentement préalable des communautés n’a été documenté.

Simon Counsell, Directeur Exécutif de RFUK, explique : « Les résultats de nos enquêtes brossent un tableau sombre des impacts de la conservation sur les habitants traditionnels des forêts tropicales d’Afrique centrale. Les droits des populations locales et autochtones à la terre et aux moyens de subsistance, ainsi que leurs droits à la consultation et à la participation, ont été largement bafoués, et de graves abus de la part des gardes forestiers sont passés sous le radar. »

Rainforest Parks and People fait suite à un important rapport publié en 2016 par RFUK, qui avait fait valoir que le modèle actuel de protection de la nature en Afrique centrale n’est pas seulement injuste envers les communautés locales pauvres et marginalisées, mais compromet également ses propres objectifs en s’aliénant ceux qui sont les mieux placés pour protéger la biodiversité.

La base de données inclut également des informations sur les sources de financement des aires protégées lorsqu’elles sont disponibles.

“Rainforest Parks and People montre clairement que l’abus des populations locales par les programmes de conservation est un problème généralisé et systémique dans les forêts tropicales d’Afrique centrale.  Bien plus de transparence est nécessaire quant à qui finance de tels programmes. Ces bailleurs de fonds doivent demander des comptes aux agences de conservation pour leurs impacts sur les populations locales, et s’assurer que ces violations soient éliminées pour de bon », explique M. Counsell.

Les films ‘Rainforest Parks and People’ 

RFUK lance simultanément une série de films courts sur ce sujet, avec des témoignages des communautés locales et de la société civile du bassin du Congo. Vous pouvez lire notre premier blog et regarder notre premier film ici.

[1] Rainforest Parks and People continuera à être mis à jour à mesure que de nouvelles informations deviennent disponibles. RFUK invite ceux qui travaillent dans la conservation des forêts, ainsi que ceux affectés par aires protégées, à contribuer.