Le suivi communautaire au Cameroun aide à traduire en justice les exploitants forestiers illégaux

RTM in Cameroon. Photos: FODER/RFUK

Les exploitants forestiers au Cameroun font désormais l’objet d’une surveillance accrue, les alertes lancées par des observateurs forestiers locaux commençant à parvenir jusqu’aux forces de l’ordre. Plusieurs de ces alertes – lancées grâce à un système de suivi en temps réel appelé ForestLink et mis au point par la Rainforest Foundation UK (RFUK) en partenariat avec l’ONG Camerounais, Forêts et Développement Rural (FODER) – ont contribué à l’application de sanctions juridiques à l’encontre d’entreprises d’exploitation forestière dans le pays.

Le suivi en temps réel (en anglais: « RTM »), un processus par lequel les habitants de la région lancent des alertes à l’aide d’un smartphone et d’une application sur mesure, constitue un outil clé pour permettre de réduire la distance entre les communautés forestières locales et les autorités policières nationales. FODER travaille avec d’autres organisations de la société civile, aidant les forces de l’ordre à utiliser ces données locales détaillées dans le but de porter des accusations formelles contre les exploitants forestiers illégaux.

Quand les observateurs locaux lancent des alertes concernant des activités illégales suspectées, les représentants locaux de la société civile enquêtent pour vérifier celles-ci. S’il y a des preuves d’exploitation forestière illégale, le Ministère des Forêts et de la Faune en est alors informé par le biais d’un système national de compte rendu appelé le SNOIE (Système normalisé d’observation indépendante externe).

Les observateurs locaux envoient des alertes

Les observateurs locaux envoient des alertes

Les trois rapports concernant l’exploitation forestière illégale envoyés au ministère entre le mois de novembre et le mois de février ont tous mené à des enquêtes officielles. Celles-ci ont entraîné des inspections officielles de la part du la Brigade régionale de contrôle, gérée au niveau gouvernemental, ainsi que des sanctions allant d’amendes à la suspension de licences. Par exemple, dans la région du Littoral au Cameroun, une entreprise d’exploitation forestière a vu son bois confisqué et a été reconnue coupable de fraude.

Comme l’explique Christiane Zebaze Hellow, Coordonnatrice du projet RTM pour FODER, « le SNOIE a changé la façon dont le suivi indépendant des forêts est effectué et dont le suivi en temps réel contribue [à ce processus]. Il y a maintenant neuf communautés officiellement impliquées dans le projet RTM et qui utilisent les outils du RTM afin de recueillir et d’envoyer des données concernant une exploitation forestière illégale suspectée. Cinq autres communautés sont également impliquées grâce à la partie du projet consacrée au plaidoyer ».

Au fil des années, l’exploitation illégale a eu de graves conséquences pour de nombreuses communautés locales qui dépendent de la forêt pour leurs activités de subsistance. Ainsi, entre 2001 et 2015, on estime que le Cameroun a perdu 777 000 hectares de forêt. Malgré le peu de pouvoir permettant de tenir tête aux entreprises commerciales d’exploitation forestière, les alertes communautaires s’avèrent un outil efficace pour aider les agences gouvernementales à prendre des mesures.

« Il est très encourageant de voir que notre système ForestLink contribue à des opérations policières » a déclaré Élodie Barralon, Coordonnatrice du projet RTM chez RFUK. « Nous espérons qu’il va devenir un outil de plus en plus puissant dans la lutte contre l’exploitation forestière illégale et la déforestation. Plus les forces de l’ordre disposeront de données, plus il sera difficile pour les exploitants forestiers illégaux de se cacher ».

Pour plus de renseignements sur la façon dont le système ForestLink de la RFUK fonctionne, regardez cette courte vidéo (sous-titres français disponibles).