La menace posée par le développement des plantations de palmiers à huile montre la nécessité de mettre les communautés forestières sur la carte

Un demi-million d’hectares de la forêt tropicale du bassin du Congo est en train d’être déboisé pour faire place à des plantations de palmier à huile et, selon un nouveau rapport publié par la RFUK sous le titre « Planter pout Détruire », jusqu’à 115 millions d’hectares sont susceptibles d’être transformés en cultures de palmier à huile. Ainsi, la nécessité d’une planification rigoureuse de l’utilisation des terres forestières devient d’autant plus critique. Dans plusieurs cas, les populations locales se sont opposées aux projets de nouvelles plantations. L’État détient officiellement la terre et est légalement autorisé à l’allouer à des exploitants, mais les communautés locales peuvent avoir des revendications foncières de caractère coutumier. Les communautés locales peuvent désirer les emplois, les revenus et les services -tels que des routes, des services de santé et d’éducation- que les promoteurs d’huile à palme promettent d’apporter, mais ils ne veulent pas perdre leur relation étroite et vitale qui les rallie à la forêt.

Certains habitants de la forêt, comme les peuples autochtones Pygmées, peuvent y être présents en grand nombre mais être absents des recensements, cartes et documents de planification gouvernementaux. Même les communautés agricoles Bantoues peuvent ne figurer sur les cartes officielles que comme des villages, sans reconnaissance des vastes terres que ces communautés utilisent pour les cultures forestières de rotation. Par conséquent, les promoteurs de l’huile de palme ou d’autres projets agro-industriels peuvent considérer que les terres sont vides et inutilisées, alors qu’elles sont en réalité peuplées, et en grande partie déjà utilisées à des fins productives. Cela peut générer une grande incertitude pour les promoteurs quant à leur relation avec les communautés locales, ainsi que des coûts imprévus importants – et potentiellement des situations de conflits.

« Seeds of Destruction » révèle que des terres destinées à une série de grands projets de développement d’huile de palme ont déjà été déboisées, sans le consentement libre, informé et préalable des peuples qui y habitent. Le palmier à huile est originaire du bassin du Congo, et il est déjà largement cultivé par les communautés locales à des fins de subsistance. Il existe des possibilités d’accroître considérablement la production commerciale sans risquer d’encourir les coûts environnementaux et sociaux qui ont été observés dans des pays tels que l’Indonésie et la Malaisie. Mais cela nécessiterait une évaluation beaucoup plus minutieuse des droits, revendications et utilisations locales existantes dans les zones forestières, le renforcement des droits des communautés, et l’identification des terres réellement dégradées et sous-utilisées.

Simon Counsell, Directeur de la RFUK, a déclaré que « Les agences gouvernementales devraient développer les moyens de cartographier et reconnaître systématiquement les conditions foncières à la fois formelles et coutumières dans toute zone de développement potentiel de culture d’huile de palme, avant l’approbation des projets. Une analyse minutieuse des systèmes de subsistance existants devrait être faite avant l’approbation des projets ».

“Le consentement libre, informé et préalable des communautés locales et autochtones devrait être obtenu avant la négociation de tout projet avec des promoteurs d’huile de palme pour assurer le respect de leurs droits fonciers », a conclu M. Counsell.