« Nous allons vivre comme des oiseaux… nulle part où poser les pieds » – La pression augmente sur les forêts et les peuples autochtones

Jeanne Noah, leader Bagyeli du Cameroun, explique les difficultés que connait sa communauté pour accéder à ses terres ancestrales du fait de la présence d’une plantation agro-industrielle. De plus, explique Jeanne, les communautés bantoues voisines se considèrent propriétaires de la petite zone de forêt qui n’est pas déjà contrôlée par la compagnie. Au fur et à mesure que l’accès des Bagyeli à la forêt – leur « maison » et leur moyen de subsistance – est empêché, elle se demande : «Comment allons-nous faire pour vivre ? Et que sera l’avenir de nos enfants ? ».

Malheureusement, ce cas reflète l’alarmante réalité de la plupart des peuples autochtones du bassin du Congo. Dans la majorité des cas, les droits des peuples autochtones à la terre et aux ressources sont insuffisamment reconnus ou mis en oeuvre, ce qui contredit le droit et les standards internationaux. Déplacés de leurs territoires ancestraux par des plantations agroindustrielles, des compagnies forestières et minières, continuellement discriminés par les autres communautés, et bénéficiant insuffisamment des initiatives de développement, les autochtones comme Jeanne font face à d’énormes difficultés pour sécuriser leurs droits et leurs moyens d’existence.