Des innovations en cartographie participative pourraient avoir des implications profondes pour la gouvernance forestière dans le bassin du Congo

Une nouvelle approche de cartographie participative développée par la Rainforest Foundation UK (RFUK) et ses partenaires en République démocratique du Congo (RRN, GASHE, CADEM) et au Cameroun (FODER) met en évidence l’étendue des droits coutumiers aux terres dans l’ouest de la RDC, basés sur des clans et jusqu’alors « invisibles », avec des implications directes sur la manière dont les forêts sont gérées dans la région.

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Ces nouvelles données, qui sont collectées par les communautés à l’aide de tablettes-GPS, montrent que ces droits coutumiers sont généralement bien définis et acceptés localement, malgré qu’ils ne sont pas reconnus par les lois nationales et les processus de planification forestière (cliquez sur « Community Land Tenure » dans le menu « Community Mapping »).

L’étendue de ces droits[1] et les capacités renouvelées de collecter et d’analyser ces données grâce à la plate-forme MappingForRights peuvent potentiellement transformer les processus d’allocation des terres. Ces données peuvent contribuer à la planification et au développement de futurs projets REDD et assurer une distribution appropriée des bénéfices de la gestion forestière.

De plus, elles fournissent des informations socio-économiques, notamment sur l’accès à l’éducation et à la santé, qui sont maintenant disponibles sur la carte interactive (cliquez sur « Communities mapped 2013-14 » dans le menu puis sur le village et sur les icônes représentant l’éducation et la santé). Entre autres choses, ces données peuvent permettre une meilleure analyse des supposés bénéfices de l’exploitation forestière industrielle, de la conservation stricte de la nature ou des projets REDD, et pourraient servir de base pour le développement des forêts communautaires.

Un exemple concret de la façon dont elles ont déjà été mises à profit concerne les communautés vivant dans et autour de la Réserve Tumba-Lediima qui ont présenté leurs cartes aux autorités nationales pour exprimer leurs préoccupations et attentes au sujet de la gestion de la réserve. Cela a amené l’Institut Congolais de Conservation de la Nature (ICCN) et le World Wildlife Fund (WWF) à accepter de reconsidérer le statut et la gestion de la réserve et à mieux prendre en compte les droits traditionnels aux terres des communautés.

Les nouvelles données cartographiques proviennent de 32 villages abritant une population d’environ 56 000 personnes et couvrent plus de 209 000 hectares. Pour les consulter, merci de vous connecter ou de vous inscrire à la base de données interactive et de cliquer sur le bouton orange « See the latest data » à droite de l’écran.

Ce sont les premières données publiées dans le cadre d’un exercice de cartographie visant à couvrir jusqu’à 5 millions d’hectares de forêts d’ici 2017, ce qui constitue la plus importante initiative de cartographie participative en Afrique à ce jour.

Cela est réalisé à travers une nouvelle approche décentralisée où les communautés sont accompagnées par des équipes de terrain de facilitateurs et de techniciens SIG qui traitent les données collectées en réduisant significativement les coûts opérationnels et en optimisant leur production.


[1] Les données collectées dans les provinces du Bandundu et de l’Equateur montrent qu’il y a très peu de forêts qui ne sont pas sous régime des droits fonciers communautaires.